26 NOVEMBRE, JOURNÉE DES ENFANTS DE LA RUE

Le Mali a commémoré dans le vide !

Chaque année, le Mali à l’instar des autres Etats du monde, a célébré la journée des enfants de la rue, le 26 novembre dernier. La commémoration de cette journée est sensée être une occasion de pensées symboliques des Etats du monde entier en faveur des enfants qui n’ont autre demeure que la rue. Elle permet ainsi à l’humanité de tenir compte de la spécificité de l’enfant et de la nécessité de l’entourer par des mesures de protection tant sur le plan législatif, organique que structurel. Cette journée, le Mali l’a fêté dans le vide, car aucun geste n’a été fait et nos rues sont encore bourrées d’enfants en rupture avec leurs familles respectives.

L’enfant, lien du père et de la mère, complète la famille et en fait
l’unité, au tant il incarne la joie de par sa spécificité. Autant il battit l’humanité par son devenir, l’enfance est le socle de la vie. Tant d’importance poétique et culturelle se retrouve en lui mais, peu de gestes pour accompagner ces joies du coeur et de l’esprit. De nos jours, les ruelles de la capitale malienne sont bondées d’enfants et le constat est malheureusement amer. Le phénomène des enfants de la rue reste encore le talon d’Achille. Nonobstant les actions déployées par les plus hautes autorités, de nos jours, le phénomène d’enfants
de la rue n’a plus de frontière dans notre pays. Partout où vous-vous trouvez à Bamako, vous les voyez circuler dans les rues. Pourtant,
le Mali a ratifié tous les textes visant à protéger les enfants (convention internationale des droits de l’enfant (C.D. E) de 1989, charte Africaine des droits et du bien être de l’enfant de 1990, la loi N°01-081 du 24 août 2001 portant sur la minorité pénale et institution des juridictions pénales pour mineur et l’ordonnance
N°02-062/PRM du 05 juin 2002 portant code de protection de l’enfant au Mali). Sur le plan organique et structurel, la création d’un
département ministériel de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, l’assemblée et le parlement des enfants ainsi que la cité
des enfants et bollé-mineurs en témoignent de la volonté politique de nos dirigeants. Les orphelinats et toutes les associations qui évoluent
dans le domaine de la protection et la promotion des droits de l’enfant expriment la volonté de la population. A cela s’ajoute la présence de
l’Unicef et beaucoup d’autres organes oeuvrant dans le domaine de la promotion, de la protection et la sauvegarde de l’intérêt supérieur de l’enfant. Malgré cette volonté politique des dirigeants, le phénomène
ne se fait pas rare. Au contraire, la situation se dégénère de jour en jour. Mais quelles sont les raisons de cette recrudescence ? A qui la faute ? Les responsabilités sont partagées et les raisons sont multiples. Cependant, il faut le dire sans risque de se tromper que le phénomène d’enfant de la rue échappe totalement au contrôle des décideurs, car il est engendré aujourd’hui par plusieurs causes, entre autres, l’irresponsabilité de certains parents, la désuétude des textes en vigueur et le manque de suivi à tous les niveaux. Le phénomène a
plusieurs appellations : enfants de la rue, enfant de rue ou enfants dans les rues. Peu importe son l’appellation, il s’agit de l’évasion des enfants du cadre destiné à leur encadrement, leur éducation et leur protection pour enfin se retrouver dans les venelles. Ces enfants sont en danger et les usagers de la route en sont témoins. Les enfants qui se trouvent dans cette situation sont ceux en rupture avec leurs
familles sous plusieurs prétextes : mendicité, actes de vagabondage, enfants de déplacés ou immigrés ou encore en conflit avec la loi
(incarcérés) et qui ne sont pas arrivés à assurer leur insertion sociale ou professionnelle. Les efforts fournis par les responsables ne comblent pas le vide, pourtant l’aggravation du phénomène n’est sans conséquence. La délinquance juvénile qui est actuellement monnaie
courante dans notre société en est une. Beaucoup pensaient que la délinquance est une affaire d’adultes, car ce sont eux qui sont les plus intégrés dans les milieux du banditisme, voire de la criminalité.
En réalité, la plupart des passages à l’acte quotidien entrent dans ce
qu’on appelle la délinquance juvénile. Beaucoup de coupables de ces actes argumentent leurs faits par le manque de moyens, pendant que les remarques nous prouvent que tous les enfants délinquants ne sont
pas issus des familles défavorisées. Cela dit, on constate que l’absence d’attention familiale constitue seul le terreau quasi systématique sur lequel se développent des attitudes individualistes et marginales de l’enfant livré à lui-même. Ce qu’il faut retenir, l’abandon des et coutumes ainsi que le manque de suivi parentale occupent également
une grande place. Faut t-il dire aussi que les actes de délinquance juvénile sont généralement commis par des enfants victimes de l’exploitation économique, en ce sens ils se profitent des petites activités commerciales ou la mendicité pour embrasser cette mauvaise carrière. On peut faire le constat dans les cas du vol, de l’alcoolisme et la toxicomanie qui constituent des actes les plus fréquents chez ces enfants. Ce qui est amer sur toute l’étendue du
territoire national, c’est que les statistiques du Centre national
de Documentation et d’Information sur la Femme et l’Enfant (CNDIFE), la situation ne fait que s’amplifier au point qu’on assiste à
des scènes déplorables. Ainsi, on se demande à quel point le phénomène d’enfant de la rue avec son corollaire délinquance juvénile ne cesse de transformer notre société. Au nom de cette journée symbolique, les autorités maliennes étaient sensés fournir plus d’actions en faveur des enfants en vue d’éradiquer ce phénomène
qui gagne de terrain, mais hélas ! Il revient donc aux parents de s’assumer davantage et contribuer à nouveau pour l’épanouissement des enfants. Les ONG et les associations de défenses des droits des enfants sont aussi interpellées à multiplier les programmes activités afin de bannir le phénomène des enfants de la rue. Cependant, une chose est sûre, un enfant qui demeure dans les rues sera dépourvu
de toutes valeurs sociétales et n’adoptera que les pratiques néfastes. Cet enfant ne pourrait jamais s’assumer à l’âge adulte, car il n’aura
pas des vertus à transmettre à ses héritiers. Donc, la destruction
du cadre familial remonte dans les rues et se propage partout dans la société. Ce phénomène nous interpelle tous !

SOURCE LE DENONCIATEUR: MAMOUTOU TANGARA

 

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