AFRIQUE ET F CFA

Le déclin d’une emprise coloniale

Considéré comme la dernière chaine coloniale qui lie  les pays Africains concernés à l’ancienne colonie qu’est la France, pour  beaucoup d’africains du rang desquels des économistes éminents  du continent,  le FCFA est le seul justificatif de l’économie morose des pays qui le partage. Par contre, pour d’autres, il n’en est pour rien.  Mais dans la pratique, dans la plupart du temps, l’emprise qu’a la France colonisatrice sur la monnaie de ses vassaux, traduit une certaine dépendance économique de ces pays de l’ancien colon.

Si la question est restée tabou sous le règne des présidents français précédents dans ces 20 dernières années, le nouveau patron de l’Elysée se dit plus ouvert et franc sur la question, on peut le dire. Cela se justifie d’abord par une proposition qu’il aurait faite, notamment sur  la dévaluation dans certaines zones en Afrique et la réévaluation pour d’autres. Le premier concernerait en effet les pays de l’Afrique centrale qui présagent qu’un Euro, au lieu de six cent cinquante et quelques FCFA, passerait approximativement à plus de 1000 FCFA et le second, ceux de l’ouest elle induit qu’un 1 euro serait à moins de Six cent FCFA. Une proposition qui est loin de séduire des chefs d’Etat Africains.

Donc tout porte à croire que la France se doit de faire une autre proposition plus convaincante. Cela, bien avant 2020, année cruciale qui devrait voir concrétiser finalement  le vœu d’une monnaie commune. Mais bien avant cette date décisive, des démarches sont d’ores et déjà accentuées à travers  le continent par des marches synchronisées pour clamer la fin pure, simple  et exclusive du système de  Franc CFA, monnaie coloniale, dit-on, des acteurs de cette lutte menée par l’activiste Kémi  Séba. Celui-là même qui doit comparaitre aujourd’hui devant le juge à Dakar après avoir brûlé un billet de 5000 FCFA lors d’un meeting pour dénoncer le FCFA. Une manière pour lui, de déprécier cette monnaie et appeler les uns et les autres africains à mener la lutte de libération des pays concernés à travers son combat.

On peut dire que la lutte est bien  amorcée et tend même vers la croisière, car si la BCEAO d’un côté, avait déposé plainte contre Kémi Séba  après son geste, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), de l’autre côté, avait lancé un appel aux sociétés aptes pour l’impression du billet de banque sur le sol d’un de ses pays membres. Ce qui revient à dire donc que c’est la fin de l’impression de la monnaie en France qui s’annonce. Des actes qui en disent long sur le tournant décisif de la survie du FCFA qui est objet du ras-le-bol des africains qui sont sous ce joug. Toute chose qui constitue des signes  avant-coureurs de son déclin. La France est-elle prête à la liberté économique de ses colonies ? En tout cas, la lutte est menée sur différents fronts de différentes manières.

JB

 

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