Artiste à la une:MAMA DIANCOUMBA

 « C’est mon affection qui m’a poussée à chanter »

Née dans la quatrième région administrative du Mali (Ségou) vers les années 1972, fille d’un soldat, mariée et mère de plusieurs enfants, Mama Diancoumba est une chanteuse traditionnelle en langue nationale « Bamanakan » dans un style appelé « bamana fôli ». Elle habite à Banakabougou avec sa famille où elle concilie sa musique à la vie de quotidienne. Mama Diancoumba est aujourd’hui l’une des rares jeunes femmes artistes à s’engager pour rehausser la musique des jeunes artistes au Mali. Elle a fait son rentrée dans la musique dès son jeune âge.

Avec un parcours extraordinaire, elle est une personne très affective, car elle a un cœur plein pitié pour ses prochains. Grâce à son amour pour les autres, Mama Diancoumba partage sa vie entre sa famille, les amies et les proches. A cet effet, nous avons rapproché cette jeune artiste de la nouvelle génération de la musique malienne afin de nous enquérir sur sa générosité. Elle est actuellement la présidente du parlement des jeunes artistes pour mener un combat de longue haleine.
Comment est-elle entrée dans la musique ?

Pour la petite histoire, si chacun suit son des – tin dans la vie, le père de Mama Diancoumba était griot ainsi que sa mère. Ils n’ont pas chanté et aucun membre de sa famille ne chante. Elle a entamé la chanson pour un début par amour et par affinité pour les autres. Aussi, depuis qu’elle est allée au jardin d’enfants, elle a commencé à avoir l’amour de la musique. Étant une personne très affective, elle nous affirmera : « C’est mon affection pour mon prochain qui m’a poussée à chanter ». Elle a beaucoup aimé la musique à travers les morceaux des grandes cantatrices de la chanson Malienne comme feue Molobali Traoré, Nahawa Doumbia et Coumba Sidibé. Ensuite, elle nous indique : « J’aime tous les artistes du Mali pour ne pas dire le nom de tout le monde, j’ai cité seulement ces trois. »
Pourquoi le choix de la musique traditionnelle ?

« Il se peut que je fasse d’autres genres musicaux, mais là où nous sommes actuellement, ce qui est dans mon esprit, c’est la valorisation ma langue d’abord. C’est ma source d’inspiration. Si tu n’aime pas ta propre culture, personne d’autre ne va l’aimer. Je suis Ségovienne, donc il n’y a pas deux musiques qui sonnent dans mes pensées que la musique traditionnelle à savoir le ‘’bamana fôli’’ seulement. Donc, je l’aime et mes fans aussi l’ont aimé à travers moi».
Avez-vous combien d’album et les titres ?

J’ai deux albums au marché aujourd’hui, le troisième est attendu dans les prochains jours. Le premier album s’intitule « fôli bâ », le deuxième est « diarabi ».
Avez-vous fait des tournées dans le monde entier ?

J’ai participé à beaucoup de concerts, sur – tout quand c’est traditionnel, on me fait appel. En plus, lorsque les musiciens traditionnels organisent des concerts, j’y participe. Dieu merci, rares sont les régions au Mali où je n’ai pas fait de tournée. Je remercie le Tout Puissant, je n’ai pas été en Europe, mais j’ai fait quelques pays Africains tels que la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Burkina Faso et le Sénégal. J’ai participé à plusieurs émissions télévisées.
Quel sont vos relations avec vos voisins et proches ?

En tant qu’être humain, quel que soit le travail que tu fais, s’il n’y a pas une bonne relation entre toi et ton entourage, tu n’auras pas la bénédiction de Dieu. Aussi, le plus souvent, si on veut savoir quelque chose sur toi, ce sont tes proches qu’on te demande. J’aime la courtoisie avec mes voisins, proches (amies, collègues) à tout moment, car dans la vie, on peut s’attendre au pire comme au meilleur.
Comment arrivez- vous à gérer la vie au foyer et la chanson?

Entre la chanson et la vie au foyer, Mama Diancoumba a consacré son temps et beaucoup d’importance. Elle est tout le temps dans les concerts ou animations. Elle nous dira que ce sont deux choses qui peu – vent bel et bien marcher ensemble. Cela demande qu’on soit compréhensive avec son mari et sa famille. Mais le travail n’est pas à tout moment, tandis que le mariage est pour l’éternité. « Vraiment, je remercie mon mari et sa famille. Si je ne suis pas au travail, je suis chez moi en train de causer avec la famille, les amies ou chez un proche. Je travaille avec plein d’artistes, particulièrement avec l’AJAM dont je suis la présidente. Notre association est pour tous les jeunes artistes du Mali, que tu sois membre ou pas, tu es considéré comme membre, quel que soit l’art que tu exerces. Notre association est mise en place, il n’y pas longtemps. Notre objectif est de lutter contre toutes les formes d’inégalité et d’injustice, au profit des jeunes afin qu’ils bénéficient de leur art.

L’AJAM est née il y a deux ans. Pour un début, il n’a pas été facile pour bien démarrer. Car elle a été mal perçue par certaines personnes qui prenaient les jeunes artistes comme des drogués et délinquants. Mais, c’est avec les écoutes et les bonnes réflexions des uns et autres que nous avons pu démarrer. Dieu merci, aujourd’hui ça va, nous sommes d’accord entre nous et les autorités du pays. L’AJAM est en train de se développer sur les réseaux à travers les groupes au sein du parlement 1 au Mali qui est son grand siège et le parlement 2 en France pour l’Europe et beau – coup d’autres délégués dans la sous-région. Au Mali, on a commencé à mettre les bureaux dans les régions, à Mopti tout récemment et bientôt dans toutes les régions.
Qu’est-ce que vous aimez et n’aimez pas dans la vie ?

Ce que j’aime, c’est le fait d’aimer moi-même d’abord, de savoir qui je suis. En plus, j’aime le respect envers à soi- même d’abord et les gens de mon entourage. Par rapport à ce que je n’aime pas, c’est de dire et ne pas faire quelque chose. « ka tou ka nô » et surtout la trahison.
Quel est votre nour – riture préférée?

Mon plat préféré, c’est le « tô ». C’est mon premier médicament.
Votre mot de fin

Je remercie le bon Dieu et vous aussi. Ce que j’ai à dire à nos lecteurs et aux autorités, c’est d’aider les artistes et artistes entre eux- mêmes. C’est de savoir avant toute chose « Aide-toi, le ciel d’aidera ». Ce que je souhaite aux artistes maliens, c’est de se donner les mains afin de développer notre culture partout dans le monde entier. Interview réalisée par F.C

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