GOUVERNEMENT SOUMEYLOU BOUBEYE MAIGA SBM

 Des portefeuilles ministériels  qui ne valent pas la peine d’être créés

 

Après la démission de l’ex-PM, Abdoulaye Idrissa Maïga (AIM), Soumeylou Boubèye Maïga a été aussitôt nommé à la tête du gouvernement. Il a constitué son équipe avec 36 ministres contre 35 dans le précédent gouvernement. Il ressort de ce nouveau gouvernement, des portefeuilles ministériels scindés ou créés dont les actions à mener sèment la confusion. Pourquoi trop de ministères ? Etait-il temps de faire profiter certains du jus du pouvoir par des jeux de mots de la langue de Molière ? Ces ministères ont-ils été créés en fonction des besoins du pays ou  du président IBK ?

Soumeylou Boubèye Maiga est le nouveau chef du gouvernement. Il a 36 portefeuilles ministériels à gérer. Nous lui souhaitons une bonne chance. Au-delà de cette chance que nous lui souhaitons, nous émettons notre avis sur les postes ministériels qui ont été créés. Chacun a le devoir d’observer le pouvoir en place dans ses actions. Dans un pays de droit, quoi de plus normal pour un gouvernement qui est appelé à tout mettre en œuvre pour soulager les souffrances des populations. Est-ce la qualité des hommes et femmes qui font la force d’un pouvoir ou est-ce le nombre des postes ministériels ? Tout ministère coûte au contribuable des millions par mois comme prise en charge.

Par ailleurs, créer un ministère doit être fait de façon logique et le nom du ministère ne devrait créer pas la confusion.

Remarques :

Dans cette nouvelle équipe, il y a le ministère du développement local dirigé par M. Soumana Mory Coulibaly, le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation par M. Mohamed Ag Erlaf et le ministère des collectivités territoriales dirigé par M. Alassane Ag Hamed Moussa. Ces trois ministères sont issus de la scission d’un seul département. L’objectif d’un ministère n’est autre que d’assurer le développement du secteur d’activité pour lequel il a été créé. Peut-on parler de développement local sans aborder les questions liées à la décentralisation, à l’administration territoriale ou aux collectivités territoriales ? Y a-t-il collectivités territoriales sans administration ? Tous ces ministères sont appelés à administrer ou à gérer.

Quelles sont les principales activités du ministère de l’administration territoriale et du ministère des collectivités territoriales ? Administration territoriale et collectivités territoriales, ça fait trop de « territoriales » et de confusion dans la tête du malien qui vit une crise éducative. Qui parle du développement local parle du territoire et de la décentralisation. Et ce n’est pas fini avec le « territoire ». Il y a le ministère de l’aménagement du territoire et de la population dirigé par M. Adama Tiémoko Diarra. Le ministère du développement local peut-il tracer son plan du développement local sans aménagement ? Ça fait trop de questions avec la langue de Molière.

Si le gouvernement pouvait mettre à notre disposition un vocabulaire nous permettant de mieux comprendre, cela pourrait nous édifier sur les principales activités de chacun des ministères.

En ce qui concerne le ministère de la solidarité et de l’action humanitaire placé sous la houlette de M. Hamidou Konaté, nous posons la question suivante : la solidarité n’est-elle pas une action humanitaire ? Nous avons le choix entre « solidarité » et « action humanitaire ». Il faut extrêmement faire attention aux âmes sensibles qui sont nos enfants sur les bancs de l’école. Tout élève avisé cherchera à savoir la différence entre « solidarité » et « action humanitaire », et il faudra donner une répondre.

Dans cette nouvelle équipe gouvernementale, nous avons le ministère de la culture avec Madame N’Diaye Ramatoulaye Diallo et le ministère de l’artisanat et du tourisme sous la houlette de Madame Nina Wallet. Le mot « culture » est polysémique. De quelle culture s’agit-il ? Dans la culture, il y a des traditions, des valeurs morales humaines, des acquis intellectuels relatifs à l’art, au tourisme, entre autres. Peut-on séparer la culture de l’art ?

Deux autres ministères dont les actions nous paraissent floues : le ministère de la justice, garde des sceaux avec M. Amidou Yamoussa Maïga et le ministère des droits de l’homme avec Maitre Kadidia Sangaré Coulibaly. Y a-t-il une justice qui n’a pas pour objectif le respect des lois et des droits de l’homme ? Lorsque nous feuilletons quelques dictionnaires de la langue de Molière, nous trouvons une définition qui est la suivante : « La justice est une action par laquelle les autorités compétentes font respecter la loi et les droits d’autrui ». Autrement dit, « la justice est une autorité administrative chargée de définir le droit positif, d’en faire appliquer les lois et de trancher les litiges ». Quelle sera alors l’action du ministère des droits de l’homme ? Sera-t-il chargé de ratifier les conventions internationales ? Va-t-il défendre les droits des hommes privilégiés du pays ? Nous voulons tout simplement comprendre. Nous ne sommes pas experts en la matière, mais nous savons que la justice ne peut faire autre chose que de faire respecter les droits de l’homme.

Dans  notre remarque, nous pointons du doigt deux autres ministères dont les noms peuvent poser des problèmes à nos enfants lors des évaluations scolaires. Il s’agit du ministère de l’agriculture commandée par Dr. Nango Dembélé et du ministère de l’élevage et de la pêche avec  Mme Kané Rokia Maguiraga. Nos parents qui sont dans leurs champs, possèdent aussi du bétail. Ils ne cultivent pas seulement le coton.

Une définition de la l’agriculture de la langue de Molière : « ensemble des activités destinées à tirer de la terre les productions des animaux et des végétaux utiles à l’homme, notamment sur le plan alimentaire.» Pourquoi deux ministères pour un seul domaine ? La qualité de la ressource humaine est-elle limitée pour gérer ce ministère si important? Le ministère des mines et du pétrole peut être couplé au ministère du développement industriel. Le ministère de la santé et de l’hygiène publique peut être aussi couplé à celui de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable. Là encore, il y a un problème sémantique. Tous les ministères ne travaillent-ils pas pour un développement durable ? Le développement vise toujours le long terme. Nous nous arrêtons là.

Nous comprenons le besoin accru de notre pays sur le plan humain. Le pays a besoin des hommes et femmes de qualité. Nous comprenons que  le jeu  politique des politiciens consiste aussi à créer des postes pour des reconnaissances. Ce qui est mieux à faire c’est d’être logique et compréhensif lorsque le gouvernement crée des ministères. C’est vrai qu’il faut créer de l’emploi, mais cette façon ne profite qu’à quelques privilégiés. Le pouvoir appartient au chef pour créer des ministères, mais la logique et la cohérence dans les appellations des ministères devraient être prises en compte. La création de l’emploi passe par une éducation de qualité dépourvue de tout népotisme et de toute corruption.

Par ailleurs, les ministères en charge de l’éducation doivent s’indigner. La confusion dans les terminologies pour créer des ministères est un défaut pour le vocabulaire à l’école. Et nos parlementaires, qu’est-ce qu’ils attendent pour interpeller le chef du gouvernement ? Sur un autre plan, il faut préserver l’image du pays. Notre pays est comme un « no man’s land » où chacun fait ce qu’il veut. Le Mali de nos jours est un pays dans lequel les gens vivent « comme ça ». Le ventre a suppléé la tête. Cette langue (le français) ne doit pas être utilisée contre notre bonheur. Faisons attention à la langue qui peut être une bombe de destruction de la société. Nos « savants » sont interpellés.

Le nombre de postes ministériels et les appellations diverses  ne font pas la force d’un gouvernement, mais plutôt la qualité des hommes et femmes qui le composent.

 

SOURCE LE DENONCIATEUR: Yacouba Dao

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