Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes

Lettre ouverte aux organisations féminines 

Attention à la violence sexuelle des femmes ou à leur égard

 

Chères mamans, chères épouses, chères sœurs,

Je viens par la présente lettre, vous faire part de mon inquiétude face aux traitements multiformes réservés aux femmes par les femmes et par les hommes.

Notre pays (peut-être ailleurs aussi) est confronté à beaucoup de maux sociaux qui entravent son développement. Parmi  eux, il y a la débauche sexuelle. Certes, la sexualité est importante, mais il sert aussi d’objet de destruction. Au delà de la procréation et de la satisfaction légitime et cadrée, le sexe est devenu quelque chose qui sert à tout.

Chères mamans, le sexe est devenu une monnaie d’échange. Dans nos villages et villes, les jeunes filles sont engrossées à des âges précoces (avec des auteurs parfois inconnus), n’importe comment et par n’importe qui. La fille doit être protégée. Les hommes et femmes mariés ne respectent plus le mariage. La grande majorité s’adonne à l’adultère, soit pour de l’argent, soit par simple désir. Le taux de divorce s’accroit de jour en jour, vivre ensemble devient insupportable. On donne plus d’importance aux parures qu’aux défis de la vie.

Dans le mariage, certaines de nos sœurs (parait-il) attendent le coup d’envoi de leur premier mari pour s’adonner à des débauches sexuelles. L’adolescence est devenue l’âge adulte. Dans nos écoles, les notes sont sexuellement et économiquement transmissibles à travers des enseignants, personnels de direction, etc. Nos élèves sont présents physiquement en classe, mais mentalement ailleurs. Les ‘‘j’aime’’ de facebook ne manquent pas.                                                                                                                                                                                                                Chères mamans, chères épouses, chères sœurs,    

Des vêtements pervers de vos semblables dans les rues, au nom de la liberté et de la vie privée, portent un coup dur à notre culture vestimentaire. Les vêtements féminins avec des coupes qui laissent apparaitre les parties supérieures des seins est devenu la mode de nos femmes, celles qui sont mariées incluses. Plus vous exposez votre corps, moins les hommes vous respectent. Quand l’homme voit la nudité de la femme, il pense automatiquement à ce qu’il peut « manger ». Ce sont les marchandises qu’on expose pour chercher de potentiels clients et non la femme.

  Chères mamans, chères épouses, chères sœurs, 

Le sexe mal utilisé ravage tout sur son passage. Il y a un jeune soldat qui montre sa force avec l’arme qu’il prend pour tirer sur les jeunes filles. Par conséquent, il salit l’image de nos braves soldats. La menace de la copine du chef de corps occasionne des mutations. Dans nos villes, certaines filles à la recherche d’emploi se sentent (mais pas obligées) obligées de livrer le sexe pour avoir du boulot. D’autres personnes perdent leur emploi parce que la copine du directeur a fait des menaces. Et selon des indiscrétions, dans certains villages, des femmes mariés livrent le sexe en échange de l’argent pour payer la tontine.

Y a-t-il plus violent que ces traitements ? « Ma sœur, tu as plus de chance de voir ton dossier accepté si tu te mettais en ‘‘mini jupe’’ et ‘‘en body’’ avec la poitrine bien bombée. Mais avec ton voile qui sous-entend parfois une apparence religieuse, tu as peu de chance, mais il y a la chance, ne te décourage pas. »

Chères mamans, chères épouses, chères sœurs,

Nos femmes exhibées sortent de certaines familles parfois dites religieuses comme si les principes moraux de la religion leur faisaient une exception. Ces religieux et religieuses qui disent que Dieu dit de ne pas faire la chose là illégalement se cacheraient pour la faire illégalement comme si ça ne ferait rien à leur croyance en Dieu. La dépigmentation se lit sur les visages des demoiselles dont le corps  fait honte. Tout ceci renvoie au sexe. Toute tentative de changer l’ordre naturel est un échec programmé. « L’homme sous le coup de certaines illusions croit pouvoir changer les choses, mais tout ce qu’il fait entre dans un ordre supérieur qu’il ne comprend guère », dit-on.

La dépigmentation est le résultat d’un manque de confiance. Les Africains aiment leurs femmes telles qu’elles sont.

Certains hommes mettent leur vie en danger en prenant des aphrodisiaques (médicaments pour excitation sexuelle) pour montrer leur virilité. Le nombre d’enfants naturels s’accroit, le sexe mal utilisé est partout, dans les bureaux, dans les familles, dans les mosquées, dans la rue, dans les écoles et dans les universités. Le sexe est vraiment violent !  Je parle des hommes, car  eux et femmes sont complémentaires.

Oh peuple ! Le désir a pris le dessus, oui le désir destructeur ! N’envie pas cette personne pour son argent ou pour sa voiture, le secret serait le sexe. Le sexe et l’alcool sont devenus des raccourcis pour se faire de l’argent rapide. Regardez cette demoiselle, elle tente de séduire son professeur avec ses seins. M. le professeur ne dira pas peut-être « non » ! Cette secrétaire donne souvent des bizous à son patron qui est tout le temps égaillé pendant que sa femme, en manque d’affection, l’attend à la maison.

     Chères mamans, chères épouses, chères sœurs,

Cela c’est aussi une violence des femmes ou à l’égard des femmes qu’il faut combattre. Lorsqu’il y a une telle violence sexuelle, il n’y a pas de réflexion ni de vie saine, à part l’égoïsme et les querelles internes etc. Comme dit ce célèbre  auteur français : « Partout où apparaît une belle femme les hostilités sont ouvertes». Ah, le sexe, ça se fait plus que ça se voit. D’aucuns disent que c’est Satan l’instigateur.

Modibo Keita, premier président du Mali a eu à le dire dans les années 60 dans un de ses discours: « Si on s’adonne trop à l’amusement (plaisir), et que les femmes mariées oublient leurs maris pour aller chercher les hommes d’autrui, et que les hommes oublient leurs épouses pour aller chercher les femmes d’autrui, le sexe aura pris le dessus dans notre pays, le mariage n’aura plus de valeur, les familles seront détruites, de mauvais enfants naitront, par conséquent le pays régressera… ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Quand on est incapable de maitriser son corps, on répond aux besoins des vices : mensonge, adultère, hypocrisie…, c’est un signe de faiblesse.

Le sexe a détruit des foyers, des relations amicales, professionnelles et politiques. Ne vous souvenez-vous pas du scandale de l’ancien chef du ‘FMI’ Dominique Strauss Khan et de la guinéenne Nafissatou Diallo ? Chez nous au Mali, M. Etienne F. Sissoko n’a pas échappé. M. Tariq Ramadan, philosophe Suisse et professeur à Oxford University, est actuellement sous des accusations.

   Chères mamans, chères épouses, chères sœurs,

Consommons les médias avec mesure. Ils participent fortement à l’alimentation de cette violence sexuelle. Il arrive que certains parents regardent certaines émissions télévisées avec peu de pudeur. Parfois quand ils sentent qu’une image insolite va passer, ils prennent la télécommande et zappent ou bien, ils disent à leurs enfants de zapper ça ! Mais l’enfant n’est pas stupide ! Sa curiosité se réveillera le jour où ses parents ne seront pas là et que la même scène se reproduira. Il ne zappera pas, il cherchera plutôt à savoir ce que c’est réellement. On ne regarde pas tout avec les enfants.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             Ce qui fait tout cela, c’est que l’instrumentalisation de la femme a été institutionnalisée. On a fait d’elle un objet sexuel moderne et elle s’est laissée faire, et parfois à cause d’argent. Mon cher, « tu veux organiser une cérémonie de…, si les filles ne sont pas sexy, on n’ira pas ». Ce sont les vieux dinosaures qui s’asseyent (sur les chaises de devant) pour admirer les jeunes filles. «  Ma sœur, si tu veux être réceptionniste, il faut être belle ».

 Chères mamans, chères épouses, chères sœurs,

Ne remarquez-vous pas que les femmes sont de plus en plus sexuellement exposées dans les clips vidéo ? La femme, ça fait le marketing ! Les gens aiment les vidéos avec plus d’exhibition  sexuelle féminine, dans les danses, les films, les photos, les feuilletons, sur les panneaux publicitaires.  Mais quant aux hommes, ils sont bien habillés. Quelle inégalité ?

Si une femme ne montre pas la forme de ses seins, fesses ou autres parties attirantes, on la traite de non civilisée. « Ma sœur, reste toi-même et attache bien ton pagne, car les agents du mal ne se lassent jamais, ils feront tout pour te rendre sexuellement assoiffée, mais résiste. Tu es la meilleure. »                           

J’en veux à ces mamans qui s’habillent ou exposent leur nudité devant leurs enfants. Ça c’est une violence dont l’enfant est victime. Etre enfant n’est pas synonyme de la stupidité. Car, dit-on, l’enfant ne vaut que ce que vaut sa mère. Ce n’est pas recommandé de montrer des images aux enfants quand ils n’ont pas l’âge requis. Ne voyez-vous pas que lorsque vous faites une activité en présence de votre enfant, il vous regarde et tente de vous imiter ? L’enfant doit grandir de façon progressive, ne lui montre pas ce qu’il ne doit pas savoir.

Chères mamans, chères épouses, chères sœurs,

Vous êtes supérieures et vous n’avez pas d’égal. Restez vous-mêmes dans les foyers et dans les communautés.

La violence sexuelle dans la société empêche l’esprit critique qui donne naissance à une irresponsabilité.  Notre vie sera réservée aux accusations non fondées, au rejet de responsabilité ; à vouloir une vie meilleure mais impossible, car ce n’est pas notre habitude de changer positivement. Ce qu’on sait faire, c’est choisir la voie du mal pour chercher le bien, cela n’a jamais abouti.

Au-delà de la force matérielle, exigeons la bonne éducation. Conjuguons vigilance et sexualité, moralité et sexualité. Je recommande aux organisations et associations féminines d’aborder la question. La femme n’est pas digne d’être objet de violence ou de manipulation. Femmes, vous faites la société. Votre esprit critique est acteur de développement. N’utilisez pas votre corps pour salir la réputation des autres. Vous êtes plus que cela. La société a plus besoin de vous que vous ne le croyez, mais en tant que femme.

Pour terminer, je vous présente toutes mes excuses au cas où des mots seraient mal placés. Sachez que je suis de votre côté et que je vous aime toutes. En espérant un accusé de réception de votre part, veuillez accepter mes salutations les plus sincères.

  SOURCE  LE DENONCIATEUR: Yacouba Dao

Bamako, le 01er  décembre 2017

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