QUAND L’ACCORD D’ALGER A ÊTRE UNE RÉALITÉ

Amadou Djicoroni avait prévenu (3ème partie)

 

Dès l’annonce de l’accord pour la paix issu du processus d’Alger, notre sage avait réagi par une analyse que   « L’accord est inacceptable ». Admettons que l’histoire lui donne raison d’autant plus que depuis la signature de ce fameux accord, le nord de notre pays est devenu  un « no man’s land ». En dépit des louanges de cet accord, la méfiance semble s’installer entre les protagonistes. Lisons cette troisième partie de l’analyse d’Amadou Djikoroni pour en savoir plus.

13- On prévoit la mise en place d’un Conseil national de réorganisation des forces armées et de sécurité basé lui aussi sur «la représentation des ethnies» (art. 25). Les nominations aux grands commandements et services devraient être faites sur la même base.

14- Le texte donne naissance à ce qui est désigné sous le nom de «zone de développement prioritaire» et qui est limitée aux Régions du Nord (art. 31 à 49). Et les résultats devront être atteints «dans un délai n’excédant pas 10 ou 15 ans». Pour son succès l’Etat s’engage à y consacrer les fonds nationaux et toutes les aides extérieures obtenues par le Mali.

Il est précisé que (art.38): «Le gouvernement soumettra dès les premières sessions du Comité de suivi, un document précisant ses engagements en la matière, les moyens propres qu’il envisage de mobiliser ainsi que le calendrier de mise en œuvre». Financement: sources publiques nationales et contributions internationales (chap. 2 art. 5)

15- Le prétendu accord donne aux soi-disant régions du Nord le droit à la libre disposition des «ressources naturelles, notamment minières» (chap. 5 art.12) Ce qui est une flagrante violation du Code minier du Mali dont les articles 3 et 4 stipulent clairement que les ressources minières du Mali sont propriétés de l’Etat qui en concède l’accès selon des règles de droit.

16- Ce soi-disant accord impose au Mali un Comité de suivi qui n’est autre que la Tutelle internationale pour gouverner le Mali selon la volonté de la rébellion, C’est ce Comité qui fait tout désormais au Mali (chap 19 art. 57 à 62): assurer le suivi, la supervision, la coordination de l’application; élaborer un chronogramme détaillé; interpréter les dispositions; concilier les points de vue; amener le Gouvernement à mettre en place les services publics; adopter les textes Constitutionnels, législatifs et réglementaires; transférer les ressources et les moyens requis; etc.

Il ne reste au gouvernement  d’exécuter sans hésitation ni murmure la volonté de ce directoire international placé sous la conduite de l’Algérie avec le Burkina, le Niger, la Mauritanie et le Tchad comme Vice-présidents. Que reste-t-il de la souveraineté du Mali? Si la médiation a réussi, que viennent chercher les médiateurs après la signature d’un accord en bonne et due forme? Que signifie cette pérennisation des médiateurs jusqu’à installer des démembrements du Comité de suivi dans les régions?

17- Il est imposé également au Mali, le recrutement et la rétribution d’un «Observateur indépendant.. chargé d’évaluer de manière objective l’état de la mise en œuvre du soi-disant accord et qui publie tous les quatre mois, un rapport exhaustif..».

«Les rebelles ne sont munis d’aucun mandat de qui que ce soit»

18- Jeune Afrique (n° 2822 du 8 au 14 février 2015) parle «d’impasse» et évoque même le «mythe de Sisyphe» à propos de ce que vit le Mali depuis 2012. En effet à Ouagadougou il a été signé un préaccord basé sur le constat que le Mali n’est pas un interlocuteur valable en face de la rébellion. Quelle injure! Impossible de ne pas comparer cette attitude de la rébellion à celle de Babemba qui a refusé de recevoir le capitaine Quiquandon avant que celui-ci ne se fasse circoncire, car un homme non circoncis est un «bilakoro» selon la culture Sénoufo, bamanan ou malinké…etc. Il ne peut être l’interlocuteur d’un notable.

Mais, le comble, c’est que les rebelles qui nous ont envoyé cette injure par l’intermédiaire de Compaoré, ne sont jusqu’à ce jour munis d’aucun mandat de qui que ce soit. Il n’y a jamais eu d’élections pour désigner aucun d’entre eux pour parler au nom des populations du Nord du Mali. Et personne parmi les médiateurs (Africains comme Occidentaux) ne s’embarrasse du fait qu’ils n’ont ni légalité ni légitimité. Au contraire le Président Français Hollande s’est empressé de leur donner raison en ajoutant même qu’il est intraitable par rapport aux élections de 2013.

19- Nos autorités avaient commencé par dire qu’elles ne discuteraient pas avec des hommes en armes. Puis après quelques mois de tergiversations et sans rien expliquer au peuple, elles ont accepté le dialogue sous surveillance des instances africaines et onusiennes avec les hommes en armes.

A suivre…

Bamako, le 18 mars 2015                                          Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni                                                                                         Proposé par Yacouba Dao

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