Mesures de lutte contre la drogue au Mali

Manque d’un centre spécialisé de traitement

En l’an 2000, l’Afrique de l’Ouest ayant été un espace de prédilection du trafic de cocaïne transformant le Mali en une zone de transit de stupéfiants en provenance de l’Amérique du sud, de l’Afrique de l’Est, du Maghreb et de la sous-région ouest africaine à destination de l’Europe, des Etats Unis et même de l’Asie. Selon l’office central des stupéfiants, au Mali les saisies de drogues enregistrées chaque année par les différents services, attestent cette tendance. Le chef de la division juridique et Formation Office Central des Stupéfiants (OCS), M. Hamidou KEITA,  nous fait une rétrospective de la situation de notre pays.

D’après notre interlocuteur, trois raisons expliquent probablement le choix de l’Afrique de l’Ouest et du Mali comme zones de transit des stupéfiants vers l’Europe. En premier lieu, cela s’explique par le succès des opérations de contrôle du trafic de cocaïne dans l’Atlantique Nord et principalement près des côtes européennes, la position géographique de l’Afrique de l’Ouest qui en fait un point de passage idéal entre l’Amérique du Sud et l’Europe et la perception des pays d’Afrique de l’Ouest  par les trafiquants comme des pays où il est aisé d’établir des activités clandestines du fait des faiblesses des structures de contrôle, a-t-il affirmé. C’est compte tenu de cette situation alarmante des menaces réelles que des mesures ont été prises à tous les niveaux, national et international, pour faire face au fléau des drogues.

Ainsi, la convention unique sur les stupéfiants a été ratifiée le 31 mars 1961 à New York. A la date du 1er Novembre 2005, 183 Etats  l’avaient signé. Elle est entrée en vigueur en 1964 et a été modifiée par le protocole du 25 mars 1972 portant amendement. Dans cette optique, le Mali  l’a ratifié par la loi n°95-044 du 12 juin 1995. Son objectif est de limiter la production et le commerce de substances interdites en établissant une liste de ces substances tout en les qualifiant de stupéfiants. A côté de cela, il y a la  Convention contre le trafic illicite des stupéfiants et de substances psychotropes, signée en 1988.

Le cadre institutionnel international de lutte contre le trafic illicite des drogues, il existe des institutions internationales qui interviennent en matière de lutte contre les stupéfiants  sous la houlette de l’ONU. Il s’agit essentiellement de la commission des stupéfiants de l’ONU, l’OICS,  l’ONUDC. M. Keita précisera que le cadre légal  du contrôle et de la répression de l’usage des drogues au Mali est défini par la Loi n°01-078/AN-RM du 18 Juillet 2001, modifiée  portant sur le contrôle des drogues et des précurseurs. Ce texte contient toutes les dispositions pertinentes des Conventions des Nations Unies sur la drogue, entre autres, la question de disponibilité des drogues pour des fins médicales et scientifiques, les règles relatives à l’abus et la commercialisation des drogues.

En plus des mesures traditionnelles de lutte contre la criminalité organisée à travers des services  comme la police (Brigade des Stupéfiants), la gendarmerie (SIJ) et la douane (BMI et DRED),  le Mali a adopté des mesures appropriées à la dimension de l’ampleur du phénomène des drogues, à travers la création  des organes de répression, de coordination, de contrôle et de soins. Il s’agit de la direction de la Pharmacie et du Médicament (DPM), le Centre Psychiatrique du CHU de Point G, la Mission Interministérielle de Coordination de Lutte contre la drogue (MILD)  et l’Office Central des Stupéfiants  (OCS).  

  1. Hamidou KEITA dira que le Centre Psychiatrique du Point G est chargé de la prise en charge des malades mentaux, l’organisation des soins et l’évolution du service de psychiatrie dans cet établissement hospitalier.

Il faut noter qu’à défaut d’un centre spécialisé de prise en charge, le « Cabano » reçoit aujourd’hui  des toxicodépendants pour leur traitement de substitution aux drogues ou la cure de désintoxication.

La mission de l’office Central des Stupéfiants est de mettre en œuvre l’ensemble des mesures de prévention, de contrôle et de répression envisagés au plan National, sous Régional, Régional et International pour une lutte efficace et coordonnée contre ledit trafic.

Fatoumata Coulibaly

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