PÉNURIE D’EAU A BAMAKO

La santé de la population menacée

 

Lorsque vous faites un tour dans certains quartiers de la capitale malienne, ce sont de longues files d’attente que vous observez autour des robinets publics communément appelés fontaines. Niamakoro, Dialakorodji, Daoudabougou, Faladié et précisément à Mali-Univers, Yirimadio, tels sont des exemples de quartiers où avoir de l’eau est un casse-tête. Des petites querelles ne manquent pas avec les uns et les autres à la recherche d’eau. Ceux qui ont un peu de moyens se font une fontaine.

L’eau, c’est la vie,a-t-on coutume de dire. Donc, si à l’heure actuelle dans notre pays, nous courons toujours pour avoir de l’eau, cela sous-entend que le pays est loin d’être ce qu’il doit être. Pour qu’un pays se développe, il faut que les primordiaux soient assurés : avoir de l’eau propre, avoir une nourriture
de qualité, rendre l’environnement propre. Cela aura une
répercussion sur la qualité de santé qui va s’améliorer. Environ 60 ans d’indépendance, c’est toujours les problèmes d’eau et d’électricité. Avec tout ça, on veut se développer sans assurer le soubassement du développement. Il faut avoir à boire et à manger d’abord, c’est ainsi que la tête pourra se
tranquilliser pour penser à d’autres choses. Certains diront peut être que c’est l’été, il n’y a pas de pluie, le fleuve est à sec. Tout cela n’est qu’un prétexte. Certains pays sont dans le désert, mais avec une volonté politique solide la population ne souffre pas de crise d’eau ou d’électricité. Par exemple, aucun fleuve de renom ne traverse la Libye. Avec la guerre, les choses vont changer. Il était rare d’entendre parler de problème d’eau. Certains diront qu’il ne faut pas comparer les cas. On compare du moment qu’on peut faire autant. Lorsqu’il n’y a pas de pluie, il y a le sous-sol pour faire des fontaines, des puits à grand diamètre. Parler d’absence de moyens financiers est aussi un prétexte. Les moyens, on se les donne. Ils ne viennent pas du ciel. On n’aura pas aussi les moyens si les grands corrupteurs pensent qu’ils sont plus malins que ceux qui travaillent pour réussir. Il y a trop de corruption dans ce Mali. Tout le monde y participe en sa manière. C’est même devenu une culture. La corruption des élites est devenue une
épine aux pieds. L’ancien premier ministre, Moussa Mara n’a pas manqué de dire qu’il faut lutter contre la corruption des élites. Au Mali, certains préfèrent distribuer leur argent aux griots qui chantent leurs éloges au lieu de penser à faire des fontaines pour les pauvres. D’autres préfèrent acheter des voitures ou des villas pour leurs copines au lieu de donner à boire. Notre société est très malade, une maladie plus grave que le sida. Cette maladie sociale tue la conscience humaine.
En plus, la société se réclame religieuse. Quelle illusion quelle
confusion ? Les conditions sociales maigres occasionnent la fuite des cerveaux. Le pays sera dépourvu de ses savants. Il faut une tranquillité de l’esprit pour bien réfléchir. Lorsque vous imaginez que vous avez la capacité intellectuelle de créer ou d’innover, ceci étant, vous êtes dépourvus de pouvoir pour faire valoir votre capacité, vous aurez peu de valeur aux yeux
de vos semblables maliens. En conséquence, vous rendrez service à ceux qui connaissent votre valeur et qui vous mettront dans des conditions idoines afin que vous puissiez travailler. C’est ce qui a fait des Etats-Unis un puissant pays. Pour que la Mali se développe, il faut qu’on cesse de faire les
primordiaux, des problèmes majeurs. Chaque année, ce sont
les mêmes problèmes d’eau et d’électricité. Et quant aux autorités, elles s’apprêtent à dire quelque chose. Il faut donner une réponse à la population. Sans l’eau et l’électricité, on ira à pas de caméléon. Et pire encore, l’insécurité s’est mêlée à la danse. Pour voir clair, il faut bien manger et bien boire.

SOURCE LE DENONCIATEUR: Yacouba Dao

 

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