SOCIÉTÉ DE PRODUCTION DES AVEUGLES DU MALI

La Sopram aux oubliettes des autorités maliennes

 

La société de production des aveugles du Mali (SOPRAM) est une société créée en 1988 par l’Union Malienne des Aveugles (UMAV)  actuelle appelée sise à l’institut national des aveugles (IJA). Une association dédiée aux non-voyants pour répondre aux besoins de ces personnes handicapées visuels et aussi pour leur permettre une insertion sociale.

La Sopram traverse de  nos jours une période cruciale de son histoire, car elle vit une crise financière depuis 8 mois. En plus des activités parallèles, l’UMAV encadre près de 200 élèves aveugles  pensionnaires de 1ère à la 9ème année. Ces élèves internés sont à la charge de l’UMAV en matière de  nourritures, habillement et logement. Ces charges  dépassent le pouvoir financier  de la Sopram, car le marché des 49 Millions par an avec l’Etat pour approvisionner le gouvernement en craies et en serpillières produites par leur soin n’est plus à l’ordre du jour. Il faut noter que cette usine a du mal à atteindre 10 millions comme actif. L’Etat ne semble pas entendre les cris de la Sopram avec un personnel sans salaire. Face à cette situation, nous avons approché les dirigeants de ladite institution qui nous ont livré des détails. M. Mohamed Mourtada N’Diaye, directeur de la Sopram a répondu à nos questions.

Comment fonctionne la société ?

Tout d’abord, la société permet aux malvoyants et aux non-voyants d’abandonner  la mendicité pour travailler à la sueur de leur front. Nous encourageons aussi  les adultes aveugles ou les éperdus scolaires à la scolarisation. Nous récupérons certains recalés scolaires pour les former dans la mesure du possible pour qu’ils puissent eux aussi être indépendants afin d’avoir des ressources. En ce qui concerne le fonctionnement, il y a 20 métiers avec le tissage et la production de craies  comme activités principales. Chaque atelier est suivi par un voyant. Vu les contraintes financières, nous sommes à 10 métiers.

Quelles sont les difficultés réelles auxquelles vous faites face?

Les difficultés résident au niveau de l’approvisionnement des différents services en serpillères et autres articles. Au paravent, on approvisionnait par exemple des hôpitaux en serpillères, mais avec l’avènement des sociétés sanitaires tels que les GIE (groupement d’intérêt économique) qui se chargent non seulement de l’approvisionnement, mais aussi  du nettoyage. Nous avons perdu beaucoup de nos marchés. Ces services préfèrent donc acheter des serpillères importées qui sont synthétiques malgré que les nôtres soient faites de coton malien. Il y a des hôpitaux qui nous accompagnaient tels que l’hôpital Gabriel Touré (CHU- HGT) qui achetait 3000 serpillères par an et l’hôpital de Kati aussi 250 serpillères  par trimestre. Malheureusement, cela s’est arrêté à cause de la présence des GIE et changements administratifs. Malgré notre statut d’assistance sociale et nos démarches dans les administrations, nous  n’avons pas eu gain de cause. Le marché est libre, donc on y peut rien. En tant que personnes handicapées, nous devons être une des priorités du gouvernement, mais hélas !

A l’époque, les autorités exigeaient à ce que les produits de la SOPRAM soient achetés d’abord avant toute importation, mais aujourd’hui ce n’est pas le cas. Sur le plan des appels d’offres, on est bloqué par des critères administratifs et douaniers, par conséquent on sort perdant.

Par rapport à la fabrication de craies, nous avions des moules de fabrication artisanale qui ne plaisaient pas aux clients. A partir de 2009, l’Ambassadeur de la république populaire de Chine nous a octroyés 4 moules manuelles et électriques qui ont amélioré la production.

La somme d’accompagnement de 24 millions le ministère de l’éducation nous octroyait,  n’a duré que 5 ans, de 2009 à 2014. Presque toutes nos démarches administratives ont été presque vaines, des lettres sans réponses, des promesses non tenues. Quand l’Etat dit qu’il faut lutter contre la mendicité et la pauvreté, c’est un devoir de l’Etat de les aider. La production de craies occupe 70% de notre masse salariale. Si cette craie n’est pas achetée, ça fait des problèmes.

Quel est votre mot de fin ?

Nous appelons toutes les âmes sensibles qui peuvent nous aider. Nous lançons un appel aux autorités de nous octroyer une aide qui peut répondre à nos besoins pour que la Sopram n’aille pas en faillite. Seule la volonté politique peut nous sortir de ce calvaire. Nous ne voulons pas que les personnes handicapées retournent dans les rues pour mendier. Notre crise a fait que l’entreprise est au bord de la faillite. Vraiment, on cherche de l’aide.

SOURCE  LE DENONCIATEUR: DAGNOGO

 

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