VIOLENCES FAITES FEMMES

 Quelle responsabilité incombe aux femmes ?

 

« Quand un peuple renie sa culture, il se lance dans des crises sociales répétées et multiformes ». La journée du jeudi 11 janvier 2018 a témoigné la marche des femmes devant  l’Assemblée Nationale du Mali pour dénoncer les violences faites aux femmes et pour demander aux parlementaires d’adopter une loi pour protéger les femmes.

 

Il n’est caché à personne que les femmes subissent plusieurs formes de violence et d’inégalité partout dans le monde : violence physique, crime passionnel, inégalité salariale, mariage forcé ou précoce, etc.

Au Mali, la réalité est un peu différente, car il n’y a pas d’inégalité salariale entre hommes et femmes dans la fonction publique. Cela est une avancée avec laquelle notre pays peut se glorifier.

Sur un autre plan, qu’est-ce qui représente la femme aux yeux de l’homme malien ? C’est là où le bât blesse. Et dans la réponse à cette question, il y a une autre question : quelle est la responsabilité de la femme face à l’image que l’homme malien l’a collée ?

Les femmes vont-elles toujours marcher pour demander à l’homme de ne pas violer leurs droits ?

Avant d’aller loin, lisons les propos de l’afro-américain, Louis Farrakhan à l’intention des femmes : «  Les femmes sont plus que ce qu’on leur fait croire. La nature de la femme est celle d’une consolatrice. Elle console. Lorsque quelqu’un a besoin d’être consolé, quelqu’un d’autre doit prononcer les bons mots pour apaiser son esprit, présenter une bonne image et créer une bonne atmosphère pour consoler.

Le Coran dit : « Dieu a créé la femme afin que l’homme puisse trouver la paix et la tranquillité de l’esprit en elle ». Il n’y a pas de Paradis pour l’homme en dehors de vous les femmes. La femme est le véritable paradis de l’homme et vice versa, et lorsque l’homme et la femme agissent sous la volonté de Dieu, nous créons le Paradis sur terre…cela n’arrivera jamais jusqu’à ce que l’homme et la femme deviennent justes. Jésus a dit : « le royaume des cieux est en vous. »

Les livres saints ont loué les femmes. Tout le monde a loué les femmes. Ce sont elles qui donnent vie. Ce sont elles qui donnent naissance à de braves hommes. Si c’est en vous que l’on trouve la paix et la tranquillité de l’esprit qui est le début de toute paix, ces louanges sont-elles des illusions, vu ce que vous subissez dans notre pays ? Non ! Ces louanges sont authentiques. Il faut reconnaitre que les femmes se battent sur tous les fronts de la vie.

Comprenons que dans notre pays, la femme est un élément de servitude pour des hommes dans le but d’atteindre leurs fins. Ce n’est plus la femme qui donne vie, mais plutôt la femme qui sert d’appât ou qui est utilisée pour des intentions mal placées. Tout le monde abuse à sa façon. Puisqu’avec les réalités du monde actuel, nulle ne peut se passer du matériel, la femme a accepté (que cela soit volontaire ou pas) de se faire instrumentalisée. Les hommes font tout pour se servir d’elles. Au lieu de chercher à faire l’esprit des femmes, on cherche plutôt à l’abrutir. Quel «  cefari (homme brave » une femme abrutie donnera-t-elle au monde ?

C’est dans ce contexte que la femme perdit peu à peu sa valeur de femme. Elle est là pour assouvir les soifs sexuelles. Quand on la loue, c’est qu’on veut la « manger ».

Combien de directeurs abusent-ils des femmes d’autrui et des secrétaires dans leurs bureaux ? Combien de femmes ont-elles accepté de livrer leur corps pour avoir un emploi? Une voiture ? Une maison ? Combien d’élèves filles se sont offertes à leurs enseignants qui ont abusé d’elles afin d’avoir des notes ? Quand on devient un élément de servitude, il faut s’attendre à tout.

Nous imaginons qu’il n’y a pas eu assez de marches organisées par les femmes pour dénoncer les abus sexuels à leur égard dans les bureaux, dans les établissements scolaires, etc. Les hommes ont conceptualisé cette instrumentalisation de la femme. La dépersonnalisation de la femme a conduit à un manque de considération des hommes à l’égard des femmes.

On ne voit plus ce rôle d’éducatrice de la femme dans la société, mais plutôt celle qui ne veut que de l’argent. Dans le mariage, elle est parfois vendue par les par les parents ou c’est elle qui impose des exigences matérielles. Finalement la tendance est devenue une culture. Dans la vie, le respect s’impose. Ne dites pas aux hommes de vous respecter. Imposez-vous par votre savoir-faire, savoir-être,  c’est ainsi que les gens vous respecteront. Comment voulez-vous qu’on ait une société apaisée lorsque les femmes servent d’appât pour attraper leurs ennemis ? Les hommes ont moins de respect pour les femmes, ils ne pensent qu’à se servir d’elles. Les femmes, quant à elles cherchent de l’argent, elles cherchent à diriger. Puisque dans notre pays la plupart des hommes ont un pouvoir financier supérieur à celui des femmes, bienvenue l’instrumentalisation. N’êtes-pas vous qui êtes dénudées dans les clips vidéos ?

Quand la femme est abrutie, elle donne naissance à des hommes abrutis qui seront violents à l’égard des femmes. Lorsque l’être humain est dépersonnalisé, il faut s’attendre à tout : tout part de là : la personne humaine.

Modibo Keita, premier président du Mali a eu à le dire dans les années 60 dans un de ses discours: « Si on s’adonne trop à l’amusement (plaisir), et que les femmes mariées oublient leurs maris pour aller chercher les hommes d’autrui, et que les hommes oublient leurs épouses pour aller chercher les femmes d’autrui, le plaisir aura pris le dessus dans notre pays, le mariage n’aura plus de valeur, les familles seront détruites, de mauvais enfants naitront, par conséquent le pays régressera… ». Qu’en est-il aujourd’hui chers concitoyens ?

N’est-il pas vrai que ce sont les mauvais enfants qui pillent les ressources du pays ? N’est-il pas vrai que ce sont les mauvais enfants qui déshonorent la femme ?

Les femmes subissent cette violence silencieuse, une violence acceptée par les femmes.

Le combat à mener, c’est de redonner à la femme toute sa personnalité de femmes. Il n’y a pas d’égalité entre homme et femmes, c’est un faux discours à mon sens. Il faut se battre pour ses droits partout où la femme se trouve. Il faut être femme partout, c’est tout. C’est ainsi que les femmes pourront retrouver leur respect. Soyons femmes, c’est tout.

SOURCE LE DENONCIATEUR: Yacouba Dao

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